Ferenc Puskás  et le drapeau Hongrois

Ferenc Puskás

Né le 1er avril 1927 à Budapest, capitale hongroise, Ferenc Puskas, sa passion pour le football est évidente et très tôt commence à marcher sur les pas de son père, entraîneur (et ancien joueur) du club voisin. 

Étant trop jeune afin d’être admis et contourner l’âge minimum, il décide de jouer sous la fausse identité de Miklos Kovacs et intègre l’équipe juniors jusqu’à ses 12 ans. Il ne tarde pas à se faire remarquer sous son véritable nom. Entre ses premiers coéquipiers et amis d’enfance, on retrouve Jozsef Bozsik, futur coéquipier en sélection. En novembre 1943, il fait sa première apparition chez les seniors du Kispet Football Club lors d’un match face au Nagyvaradi AC4. A l’âge de 16 ans, il fait déjà partie des titulaires indiscutables du Kispest FC en tant qu’attaquant et fait preuve d’une volonté et d’une ambition évidentes.

Du haut de ses 18 ans, il fait ses grands débuts en équipe nationale à l’occasion d’un match contre l'Autriche. Cette rencontre entre les deux sélections est la première disputée par la Hongrie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et marque ainsi le début d’une incroyable carrière au niveau international.


 Ferenc Puskas joue un rôle clé dans son club, jusqu’à ce que ce dernier soit repris par le ministère hongrois de la défense et devient par la même occasion celle de l’armée hongroise. Elle est rebaptisée par la suite Budapest Honved, ses joueurs reçoivent des grades militaires. Ferenc devient alors major (en hongrois: Ornagy), d'où son surnom (Le major galopant) en référence à son grade militaire. 


Étant le club de l’armée, le Budapest Honvéd utilise la conscription afin d’obtenir les meilleurs joueurs hongrois, ce qui conduit par la suite au recrutement de Sandor Kocsis et Zoltan Czibor. Ferenc Puskas, quant à lui, poursuit sa carrière au sein du club jusqu’en 1956. En 1950, lors de la première saison depuis le nouveau statut du club, Puskas marque 50 buts et remporte le premier de ses quatre championnats hongrois.

Le Budapest Honvéd étant amateur, Ferenc Puskas peut participer aux Jeux olympiques.  


Il fait ses débuts en équipe de Hongrie le 20 août 1945, et gagne 2-5 lors d’un match contre l’Autriche. Il joue 85 matchs et marque 84 buts pour la Hongrie. Et ajoute ainsi à son palmarès international deux triplés contre l’Autriche, un contre le Luxembourg, ainsi qu’un quadruplé lors d’une victoire avec un score de 12 buts à 0 contre l’Albanie avec (Zoltan Czibor, Sandor Kocsis, Nandor Hidegkuti et Jozsef Bozsik)qui ensemble forment le noyau du Onze d’or qui restera vainqueur pendant 32 matchs consécutifs.

En 1952, alors capitaine de l'équipe, il remporte  la médaille d’or durant les Jeux olympiques d'Helsinki et bat ainsi la Yougoslavie avec un score de 2 buts à 0 en finale,

Ferenc Puskas marque à quatre reprises.Il déclarera des années plus tard: “ Nous formions déjà une bonne équipe mais c’est au cours de ces Jeux que nous avons vraiment trouvé notre style. Nous avons, en quelque sorte, inventé l'ancêtre du football des Néerlandais. 

Nous étions libres de nos déplacements et quand nous avions le ballon, tout le monde participait au jeu, les défenseurs comme les attaquants. Nous sommes rentrés en train. À partir de Prague, nous nous sommes arrêtés à chaque station pour que les gens puissent nous saluer. Nous avons assisté à des scènes incroyables à la  gare de Keleti de Budapest. Les rues étaient noires de monde ! Plus de 100 000 personnes étaient venues faire la fête avec nous. Nous étions fous de joie. C'était notre première grande victoire et nous étions si jeunes.”


La victoire obtenue le 25 novembre 1953, reste sans doute la plus célèbre dans le stade de Wembley. L’Angleterre n’avait encore jamais été vaincu face à une équipe qui ne fasse pas partie du Royaume-Uni. Ce qui n’empêche Ferenc de s’imposer sur le score de 6 buts à 3 au cours d’un match qui marquera l’histoire comme l’un des plus passionnants du siècle. Les hongrois infligent une véritable leçon de football aux Anglais, devant plus de 100 000 spectateurs.


L’équipe hongroise, qui bâtit son jeu autour de Ferenc Puskas, pratique un football totalement inédit, en un seul match, il réduit à néant la réputation d'invincibilité dont se vante le football anglais dans le monde entier. Ferenc marque deux fois lors de cette rencontre, tandis que Nandor Hidegkuti réalise le coup du chapeau. Moins de six mois plus tard, les Anglais perdent une fois de plus à Budapest, cette fois-çi sur un score de 7 buts à 1.  

La Hongrie pratique un jeu centré essentiellement sur l’offensif, basé sur le trio Nandor Hidegkuti, Sandor Kocsis et Ferenc Puskas. Grâce à la puissance et la précision du pied gauche de Puskas, des dégâts sont causés dans toutes les défenses d’Europe.

Un meneur de jeu hors pair, la balle circule avec une précision inédite et le football international lui donne l’occasion de démontrer ses talents.


Ferenc Puskás et le 11 de légende

A l’arrivée des Magyars en Suisse lors de la Coupe du Monde de 1954, invaincus depuis quatre ans, sont du coup les grands favoris. Possédant la meilleure attaque au monde, la "Wonder Team” ne prend pas longtemps avant de faire parler de son extraordinaire potentiel offensif. Il ridiculise La Corée du Sud 9-0 d’entrée             (Le 11 d'or Hongrois)                    de  jeu, au terme d’un  festival de buts ouvert et clôturé par Ferenc Puskas. Les filets tremblent à nouveau, l'Allemagne de l’Ouest finit par s’incliner sur un score de 8 buts à 3. Malheureusement cette victoire ne sera pas gratuite, Ferenc se fracture la cheville alors qu’il se dispute le ballon avec l’Allemand Werner Liebrich, et doit déclarer forfait pour les quarts et  demi-finales. Les Magyars arrivent quand même à l’emporter contre l’Uruguay et le Brésil sur le score de 4 buts à 2.   

Lors de la grande finale de cette Coupe du monde, tous les yeux sont rivés vers Ferenc Puskas.Le meneur de jeu hongrois est au sommet de sa carrière et ne veut la manquer à aucun prix. Ferenc Puskas décide de jouer alors que sa blessure le fait encore souffrir, Ferenc ouvre le score dès la 6ème minute de jeu et ainsi fait taire les critiques. La Hongrie inscrit un nouveau but deux minutes plus tard, mais les Allemands ne reculent devant rien et sous la pluie battante de Berne, parviennent à revenir au score avant la mi-temps. 

Sept minutes avant le coup de sifflet final, Helmut Rahn donne l’avantage aux Allemands. Infatigable, Puskas marque un dernier but, qui est refusé pour hors-jeu. À la grande surprise de tous, l’Allemagne de l’Ouest remporte la Coupe du monde et achève ainsi la série de 31 rencontres hongroises, malgré le titre de meilleur joueur du tournoi attribué à Ferenc Puskas. 

En 2010, une étude conduite par le Comité olympique allemand a révélé que les joueurs avaient été dopés à la pervitine, une méthamphétamine connue aussi comme la “drogue du soldat”.  Néanmoins, il n'a jamais été question de retirer son premier titre à l’Allemagne de l’Ouest. 

Suite à cette défaite, le Onze d’or hongrois continue sa série, enchaînant 18 nouveaux matchs, avec l’équipe d’Union soviétique en Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) comme premier opposant.

De retour en Hongrie, au “Budapest Honved”Ferenc se fait connaître de plus en plus en Europe de l’Ouest en voyageant avec son club pour des matchs amicaux.

En décembre 1954, les Magyars sont battus avec un score de 3 buts à 2 au Molineux Stadium par les Wolverhampton Wanderers. La victoire des Wolves, conduit leur directeur, Stan Cullis à proclamer que son équipe est “championne du monde”.

En 1956-1957, à lieu la Coupe des clubs champions européens. Pour l'occasion, Ferenc Puskas et son équipe se rendent à Bilbao en Espagne, sans se douter que sa carrière est sur le point de prendre un tournant inattendu. Cette rencontre aura des conséquences historiques. 

Au même moment, la Hongrie connaît une grave crise politique, c’est donc pour cela que Ferenc et ses coéquipiers décident de s’exiler à l’Ouest. Après quinze mois passés en Autriche et semble avoir oublié le football, Ferenc Puskas, décide de revenir à la compétition. Mais certains ne semblent pas être d’accord avec sa décision. Le jeune trentenaire est un joueur fini. 

Le 4 novembre 1956, Budapest est envahie par les chars russes, au moment où Ferenc et ses coéquipiers se préparent pour une nouvelle tournée en Europe à la demande de Imre Nagy (chef du gouvernement). Mais lorsque ce dernier est destitué, le nouveau gouvernement exige que les fuyards reviennent au pays. Après avoir appris que sa femme et sa fille aient clandestinement gagné Vienne, capitale autrichienne, à pied, il part les y retrouver.

À la demande de la Fédération hongroise, Puskas est suspendu dix-huit mois par la FIFA. 

Il survit dans un camp de réfugiés en Autriche, avec comme seuls revenus, des mandats envoyés par un de ses anciens coéquipiers Laszlo Kubala, joueur du FC Barcelone.

Le Major galopant sombre dans l’alcool et grossit d’une vingtaine de kilogrammes.

  

Emil Oesterreicher, ancien secrétaire financier de Ferenc Puskas durant ses dernières années au Budapest Honved, malgré les critiques faites à l’encontre de l’ancien meneur de jeu, décide de le faire venir, à 31 ans au Real Madrid, aux côtés du Français Raymond Kopa, de l’Argentin, Alfredo Di Stefano et de l’Espagnol Francisco Gento. Ce qui suscite une grande surprise dans toute l’Espagne. Son âge et ses quelques kilos en trop ne coïncide pas vraiment avec le reste de la sélection composée de stars. Mais Ferenc fait rapidement taire les critiques, en perdant dix-huit kilogrammes en six semaines. Ce qui entame le deuxième volet de sa carrière, pour le plus grand plaisir des supporters du stade Santiago-Bernabéu.

La barrière de la langue l'empêche de s’adapter à la vie espagnole et rend les choses difficiles, surtout lors de la première année. Il ne participe pas à la finale de la Coupe des clubs champions européens 1958-1959 contre le Stade de Reims, à Stuttgart, en Allemagne de l’Ouest, suite à la décision du gouvernement allemand qui refuse de lui délivrer un visa suite aux allusions faites par l’ex major sur le dopage de la sélection allemande à Berne. Chose qui sera prouvé être vraie en 2010 par une étude universitaire allemande.  


Ferenc Puskas explose littéralement tous les records et devient le meilleur buteur du Real Madrid la saison suivante, en inscrivant 49 buts en 36 rencontres. Mais pour Ferenc, ce n’est que lorsqu’arrive la finale de la Coupe des clubs champions européens 1959-1960 que le Real Madrid inflige une sévère correction à l’Eintracht Francfort au stade du Hampden Park, en Écosse, devant plus de 130 000 spectateurs. Malgré son triplé en finale, Alfredo Di Stéfano se fait éclipser par Ferenc Puskas qui marque à quatre reprises contre les Allemands. 

C’est une victoire historique pour le Hongrois qui totalise pas moins de 35 buts en 39 matchs. Sur seulement une saison (1959-1960), il inscrit 60 buts, un record qui ne sera dépassé qu’en avril 2011 par l’Argentin Lionel Messi.

A la fin de la saison Puskas remporte la première Coupe intercontinentale mise en place par les uruguayens du CA Penarol au stade Centenario de Montevideo, en Uruguay.

Ferenc signe un doublé au stade Santiago-Bernabéu dans les dix premières minutes suivi par Alfredo Di Stefano, Francisco Gento et Jesus Herrera pour une victoire sur un score final de 5 buts à 1.

En 1962, Ferenc Puskas dispute une nouvelle finale européenne avec le Real Madrid à Amsterdam, aux Pays-Bas. Il y inscrit trois buts pour perdre contre le Benfica Lisbonne sur le score de 5 buts à 3.

Deux ans plus tard, à Vienne en Autriche, Puskas et le Real Madrid perdent à nouveau en finale de la Coupe d’Europe, contre l’Inter Milan sur le score de 3 buts à 1.

En 1962 à  Amsterdam, aux Pays-Bas Ferenc Puskás dispute une nouvelle finale européenne avec le Real Madrid. Il inscrit trois buts mais perd contre le Benfica lisbonne sur le score de 5 buts à 3. Deux ans plus tard à Vienne, en Autriche , Ferenc Puskás et le Real Madrid perdent une nouvelle fois en finale de la Coupe d'Europe, contre l'Inter Milan sur le score de 3 buts à 1. 

En septembre 1961, Ferenc Puskas est sélectionné en équipe d’Espagne contre le Maroc, et participe sous ses nouvelles couleurs à la Coupe du monde de 1962, au Chili. Mais ce ne sera pas une réussite pour la Furia, puisqu’ils ne remporteront qu’une seule rencontre. La sélection quitte donc l’Amérique du Sud à la fin de la phase de groupes. Ferenc Puskas dispute son quatrième et ultime match en juin 1962 lors de la défaite face à la Tchécoslovaquie, sans jamais retrouver le chemin des filets.

Le 200ème but du Real Madrid est inscrit par Ferenc Puskas en 1965, en Coupe des clubs champions européens.

Il porte encore le maillot du Real jusqu’en 1967 avant de mettre un terme à sa carrière à l'âge de 40 ans. Ce qui lui fait un total de 242 buts en 262 rencontres sous les couleurs des géants espagnols. Durant sa période au Real Madrid, le club de la capitale à décroché cinq titres de champions et deux Coupes des clubs champions européens. Ferenc laisse un souvenir gravé dans l’histoire du Real Madrid. 

Célébré par les supporters madrilènes pour sa sympathie, sa générosité, son amabilité et ses brillantes prestations, il bat tous les records de buts en position d’avant-centre, et gagne le surnom de “Pancho”. Il est l’un des meilleurs buteur attaquants de l’histoire et le meilleur gaucher à avoir foulé la pelouse du stade Santiago-Bernabéu. 


En 2012, Ferenc fait partie de la meilleure équipe de l’histoire du Real Madrid.D’après la RSSSF Puskas est le troisième meilleur buteur de l’histoire du football avec 806 réalisations inscrites en 793 matchs officiels. Tout au long de sa carrière de joueur, il a joué 1271 matchs et marqué plus de 1571 buts.



Sa carrière de joueur s’arrête en 1967 et devient entraîneur. Le Major galopant entame cette nouvelle étape au Hércules de Aliante durant la saison 1966-1967 avant de s’envoler vers les États-Unis avec comme équipe les Golden Gates de San Francisco (1967) puis les Royals de Vancouver (1968). De retour en Espagne, il dirige lors de la saison (1968-1969) le Deportivo Alavés, avant d’être sollicité, en 1970, par le club grec du Panathinaïkos.       


A son arrivée en Grèce, au moment de signer le contrat, Puskas demande quelle sera la prime s’il parvenait à emmener la sélection en finale de la Coupe des clubs champions européens. La probabilité étant si infime, que les dirigeants grecs ajoutèrent un alinéa au contrat, stipulant une prime en cas de finale. 

À la tête d’une sélection composée de joueurs semi-professionnels, d’étudiants et de travailleurs, Ferenc Puskas se lance à la  conquête de l’Europe. Il iront, à la grande surprise de tous jusqu’en finale, où ils sont finalement éliminés par l’Ajax à Amsterdam à Wembley.  

Pancho reste en Grèce jusqu’en 1974. De retour dans la capitale hellénique en 1978-1979, pour y coacher l’AEK Athènes FC, l'entraîneur hongrois est démis de ses fonctions deux semaines avant le championnat.

Ferenc Puskás

Sa carrière d'entraîneur ne décollera jamais vraiment en dehors de ce coup d’éclat. Ses différents contrats en Espagne, en Arabie Saoudite, en Egypte, au Chili, en Australie et au Paraguay lui permettront de voir du pays mais ne changeront pas son palmarès. En 1993, il retourne en Hongrie afin de diriger une sélection tombée au plus bas. Il dirige l’équipe pendant quatre matchs, dont trois défaites. Le 16 juin 1993, Ferenc Puskas met un terme définitif à sa carrière d'entraîneur. 

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